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Full text of "Avertissements Agricoles - Toutes cultures - Bretagne - 1975 - 4"

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Impriment; de la Station de Rennes - Directeur-Gérant : L. BQUYX 


AVERTISSEMENTS 
AGRICOLES OLP2o - 3 - ?53 “ 5 “» 

PUBLICATION PÉRIODIQUE = ■ 


BULLETIN 

TECHNIQUE 

DES 

STATIONS 

D'AVERTISSEMENTS 

AGRICOLES 


ÉDITION DE LA STATION “ BRETAGNE ” tél. rennes (99) 36-01-74 

(COTES-DU-NORD. FINISTÈRE. ILLE-ET-VILAINE. MORBIHAN) ABONNEMENT ANNUEL 

Sous-Régisseur de Recettes de la D. D. A. — Protection des Végétaux — C. C. P. rennes 9404-94 / / f&fùf £ 50 F 

280, rue de Fougères, 35000 RENNES 


BULLETIN N° 21 


12 MARS 1975 


/RAVAGEURS OCCASIONNELS y TIPULES ET ZABRE? 

Les tipules et le zabre sont des insectes de forme et de biologie très différentes, 
mais ils ont un trait commun : ce sont des ravageurs occasionnels dont les attaques surprennent 
par leur soudaineté. 

Diverses observations et les conditions climatiques actuelles laissent à penser 
que ces insectes pourraient se manifester, prochainement, dans diverses cultures, ces animeaux 
n'étant pas des ravageurs spécifiques. 

LES TIPULES 


Plusieurs espèces peuvent se rencontrer dans l'Ouest, la plus commune étant Tipula 
paludosa, qui vole généralement en septembre. 


Ressemblant à des moustiques, les tipules adultes sont beaucoup plus grandes que 
ceux-ci. Elles ont de très longues pattes qui se cassent facilement, et leur corps, étroit et 
allongé, mesure de 15 à 25 mm. Les adultes ne piquent ni l'homme ni les animaux et ils ne 
sont pas nuisibles aux cultures. 

Les femelles recherchent les terrains humides, notamment ceux qui comportent des 
graminées. Une femelle peut pondre plusieurs centaines d'oeufs qui sont projetés sur le sol. 

Une forte humidité est nécessaire à l'éclosion qui se produit au bout d'une quinzaine de jours. 

Les larves, ordinairement appelées "vers gris", en raison de leur couleur gris ter- 
reux, ne doivent pas être confondues avec les chenilles de noctuelles (lépidoptères) qui por- 
tent la même appellation. Les chenilles ont des pattes tandis que les larves de tipules (dip- 
tères) n'en ont pas. Colles-ci ont une tête rétractile, peu apparente; leur peau est élasti- 
que mais coriace au point que le surnom de "jaquette de cuir" leur a été donné dans le Royau- 
me-Uni où elles sont fréquentes dans les terrains de golf et les pelouses. 

Ces larves se développent rapidement dans la couche superficielle du sol, aux dé- 
pens de l'humus. Puis, cette nourriture devenant vite insuffisante dans certains sols, des dé- 
gâts peuvent être remarqués, dès le mois de décembre, dans des champs de céréales. Les larves 
ont alors une longueur de 15 nn environ,' leur taille pouvant atteindre 55 à 40 mm en fin de 
développement. Se cachant, pendant le jour, dans le sol, elles s'attaquent la nuit aux racines, 
aux tiges souterraines ainsi qu'aux parties aériennes de très nombreuses plantes : céréales, 
fraisiers, pois, pommes de terre, prairies, betteraves, etc... Lorsqu'une plante est détruite, 

: les larves migrent vers les plantes voisines et étendent ainsi leurs ravages par la formation 
de plaques plus ou moins dénudées dans les cultures. 

La nuisibilité des larves est très variable aëLon les cultures; dans notre région, 
les plus sensibles sont le fraisier, le pois et l'orge, où les attaques s'observent jusqu'au 
mois de mai. 



- 2 - 


Moyens de lutte 

- Moyens culturaux 

Il3 sont essentiellement préventifs et consistent à : 

• Assainir les sols humides; 

. Labourer, si possible en juillet, les prairies dont la mise en culture est 
prévue, et travailler énergiquement le sol. Semer une culture dérobée : colza, navette. 


- Moyens chimiques 

Les moyens chimiques sont surtout curatifs. Très efficaces, ils consistent à 
opandro, le soir, par beau temps, et sur sol humide, des granulés prêts à l'emploi ou des 
appâts insecticides à base de son. 


, ^ es granulés prêts à l'emploi que l'on trouve dans le commerce sont à base de : 
ii^fldane : (Courticlor D, Granater L, 3CAC Courtil L, oovicortil L, Umucortil granulé L 
Vilmorin courtilière vers gris) ou de : 

Tox,aphènc : (3CAC Courtil T, Sopraphène granulé). 


Les appâts doivent être confectionnés avec soin. Pour 100 kg de son, incorpo- 
rer 1 un des produits suivants : Endosulfan, 200 g; Lindanc, 400 g; Toxaphène, 600 g. 

i mélange est fait à sec. Au moment de l'emploi, on ajoute progressivement 

la quantité d eau necessaire pour obtenir un son grumeleux, facile à épandre. 


, Les appâ-cs réalisés à la feme sont à distribuer à la volée, comme les granu- 
les. Les quantités a repartir varient oolon l'importance de l'attaque. Un traitement géné- 
Z paS , tou J ours indispensable; il suffit parfois de traiter les zones attaquées 
™ “ nt , qu . e ^ q1 f peu celles-ci. Avec les appâts préparés à la ferme, nous avons obte- 

dnnhli resu ^ ta f * 50 kg d'appâts à l'hectare, mais cette quantité peut être 
doublée en cas de forte attaque, notamment si les larves sont déjà grosses. 


LE ZABRE BOSSU 


local orient, 


Le zabre, qui est un coléoptère, 
nous avons remarqué ses dégâts, 


est moins connu que les tipules. Cependant, 
dans le Finistère, depuis de nombreuses années. 


. hocTnr _ L'adulte, qui est de couleur noire, mesure environ 15 mm de long. Difficile à 

1 " V Se °?ï he pen ? ant la journée, sous les nettes de terre, les cailloux et dans 
et aux" jui T llet » et > la ™it, 11 = a use quelques dégâts aux fleurs 

tonne. ° ^ dS cereales * La ponte est échelonnée do juin jusqu'à la fin de l'au- 


déposés isolénenfou naA* 1°^° d<5pend SUrt0ut de 1,hunidit ° du terrain, les oeufs étant 
déposés isolement ou par petis groupes à une profondeur variant de 20 à JO on. 


un 


petit temor'orenes^ewonf ^ T ^ ^ tr ° is aœaines > se dispersent et creusent 
tions d'hunidité ot dp * rest ® r plusieu rs semaines sans s'alimenter si les condi- 

bl^tAT lo™ ie température sont favorables. Elles sont bien caractéristiques : 

assurent éié grande mobilité 63 ? ameleeS ’ elles ont des Pattes très développées qui leur 
taches narron^oncé celles ci étant" 63 ** P ^° ches de la tête > Plus larges, présentent des 

— . “ «xæszssïszz- * ,In * 

i™. .STS 32SSTÏÎ âïï — "* «s»» 

à partir du mois de septenbre ^anfl -, ray-êrass dont les senlis ont été détruits 

seul, le parenchyme est dévoré- l'attaaue déhnte’A^ J® 3 faullles > les dégâts sont typiques» 

-* A- - s’iartssr vtjs ïxzizssîr *•* 

points initia^rP^prSessent AiSiè^^V^T"* ? Partir ^ Certain n0nbre de 
Lorsque la copulation o°t iirnor+cn+c * orrian ^ 1211 Pron 't d'attaque tout on longueur. 

tiUs par terreux ~ 


• • •/ . • . 



- 3 - 


Moyens de lutte 

. Après la moisson, un bon déchaumage pennet de détruire une partie des pontes 
et des jeunes larves. 

• Lorsque les premiers dégâts sont notés, une pulvérisation abondante est con- 
seillée de chaque côté du front d'attaque, soit sur une bande d'environ quatre mètres de 
large. Des essais, réalisés en Bourgogne, ont montré que 40 grammes de parathion, pour un 
hectolitre d'eau, permettent de stopper une attaque dans les 48 heures. 


* 


* * 


L'efficacité globale du traitement dépendant de la rapidité d'action, il con- 
vient de surveiller les cultures particulièrement sensibles, afin d'intervenir par un tra~. 
tement approprié. 


G. CHERBLANC 

Ingénieur d' Agronomie 
Chef du Poste de Brest